Artichaut : Intérêt nutritionnel
Les qualités nutritionnelles de
l’artichaut sont multiples. Il fournit un apport
énergétique modéré , dû
essentiellement aux glucides, ce qui peut donc jouer un rôle
équilibrant dans l’alimentation (souvent trop
calorique, trop riche en graisse, et paradoxalement insuffisamment
pourvue en glucides).
Sa densité minérale s’avère tout
à fait intéressante : il contribue efficacement
à la couverture du besoin en potassium , ainsi
qu’en magnésium (souvent déficitaire, et
pourtant essentiel pour un bon fonctionnement neuro-musculaire). Il
complète aussi l’apport alimentaire en calcium, en
fer et en cuivre.
Il apporte un large éventail de vitamines, en particulier
vitamines du groupe B, et vitamine C (8 mg/100 g en moyenne).
Sur le plan physiologique, il favorise les fonctions
d’élimination : sa teneur élevée en
potassium le rend diurétique, et cet effet est
renforcé par la présence d’inuline (ce
fructosane augmente l’élimination urinaire). Ses
fibres et son profil glucidique stimulent et facilitent le transit
intestinal.
Il s’agit enfin d’un aliment alcalinisant qui,
comme beaucoup de végétaux frais,
rééquilibrera les effets acidifiants d’une
alimentation riche en aliments carnés.
Artichaut : Son histoire
L’artichaut (Cynara scolymus) était
à l’origine un chardon sauvage qui, sous
l’influence de croisements et d’améliorations
culturales, est devenu la plante que nous connaissons.
Il est probablement originaire du bassin
méditerranéen, et on signale sa présence pour
la première fois en Italie durant la Renaissance, au milieu
du XVIème siècle. Il fut ensuite introduit en France,
d’abord sur les tables royales : Catherine de Médicis
en était très friande, de même que Louis XIV,
qui en raffolait. A l’époque du Roi Soleil, La
Quintinie, le responsable des potagers de Versailles, en
distinguait déjà 5 variétés
différentes : l’artichaut "blanc", "le vert", le
"violet", le "rouge", et le « sucré de
Gênes ». C’est vers 1810 que fut
créé et développé, par un agronome de
la région parisienne, le gros « Camus de
Bretagne », devenu aujourd’hui l’artichaut le plus
consommé en France, bien avant le « Violet de
Provence » et le « Blanc Hyérois ».
Ce que nous appelons « fond » ou « coeur » de
l’artichaut est en fait le réceptacle charnu des
fleurs non épanouies (qui forment le « foin »). Et
ce que nous nommons « feuilles » (et dont nous consommons
la base) correspond en réalité aux bractées,
ou écailles : les feuilles proprement dites de la plante
sont portées par la tige épaisse, et se
présentent sous forme de grandes rosettes
découpées.
Artichaut : Sa production
Le Finistère et les Côtes-du-Nord
produisent 75 % des artichauts français (essentiellement la
variété « Camus de Bretagne »).
Le Sud-Est (Pyrénées Orientales,
Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse) fournit la plus grande
part du reste de la production.
Artichaut : A savoir
L’inuline et la saveur sucrée
Lorsqu’on boit de l’eau pure après avoir
consommé de l’artichaut, l’eau paraît
sucrée ! C’est une particularité curieuse de
l’inuline (ce sucre original, caractéristique de
l’artichaut), qui agit de façon paradoxale sur les
récepteurs du goût sucré situés sur la
langue.
L’artichaut bon pour le foie ?
On peut extraire de l’artichaut une substance de nature
tanoïde, la cynarine (ou acide dicaféylquinique, un
dérivé de l’acide chlorogénique). Elle
confère à l’artichaut une saveur
légèrement astringente, plus marquée dans le
légume cru.
On utilise la cynarine pour la confection de
spécialités médicamenteuses destinées
à favoriser le fonctionnemen hépatobiliaire. Cette
substance possède en effet des propriétés
cholérétiques (stimulant la sécrétion
biliaire par les cellules hépatiques) et cholagogues
(facilitant l’évacuation de la bile rassemblée
dans la vésicule).
Mais la cynarine est essentiellement concentrée dans la tige
et les feuilles (vraies) de l’artichaut. Les parties que nous
consommons en contiennent fort peu. De ce fait, l’action de
l’artichaut-aliment sur la vésicule biliaire reste
sans doute limitée !
Après cuisson, attention !
L’artichaut cuit s’oxyde rapidement, et peut donner
naissance à des composés toxiques. C’est
pourquoi il est préférable de le consommer
rapidement, et d’éviter de le conserver (même au
frais) après cuisson.
Artichaut : Résumé
Moyennement énergétique
(40 kcalories, soit 167 kJoules aux 100 g), l’artichaut
fournit des glucides (ou sucres) très spécifiques,
comme l’inuline, partiellement assimilable.
Il est reminéralisant, grâce à sa haute
densité en potassium, magnésium, calcium et fer. Il
fournit des quantités intéressantes de vitamines du
groupe B, et sa teneur en vitamine C, anti-oxydante, anti-fatigue,
atteint encore 5 à 8 mg/100 g (petite quantité qui
participera à l’apport recommandé de 80 mg chaque
jour) après cuisson. Il favorise enfin les fonctions
d’élimination urinaire et intestinale.
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