Dépression vraie

Réagissez !
Dépression vraie
Publicité

Dépression vraie : définition

La dépression est un trouble de l’humeur qui s’accompagne d’une détresse morale plus ou moins grave. La maladie se manifeste par des épisodes aigus, parfois chroniques, durant lesquels le dépressif éprouve des sentiments de tristesse, de malheur.

Ces sentiments sont certes communs, chacun d’entre nous les éprouve sa vie durant. Mais dans le cas du déprimé, ils sont particulièrement intenses, quotidiens et durables. Selon sa gravité, la dépression bouleverse plus ou moins profondément le comportement du malade dans ses activités quotidiennes, ses relations avec autrui.

Les symptômes sont à la fois psychologiques et physiques. Ensemble, ils traduisent une baisse de l’énergie vitale.Les principaux symptômes de la dépression sont :

- Fatigue ou perte d’énergie- Sommeil perturbé- Troubles de l’alimentation- Angoisse- Sentiment de culpabilité- Pensées suicidaires- Humeur triste ou vide- Autodévalorisation- Baisse des performances intellectuelles- Diminution de l’activité sexuelle

Le déprimé est la proie d’inhibitions psychologiques. Le malade montre un désintérêt pour les activités quotidiennes, une absence de goût pour les plaisirs et les relations affectives.

Avec la culpabilité et le sentiment d’inutilité qui s’instaurent, le déprimé se dévalorise ainsi que ses actes souvent marqués par l’indécision. Les capacités intellectuelles sont diminuées et la concentration est plus difficile.

Les symptômes physiques consistent en divers dysfonctionnements de l’organisme : le malade peut prendre ou perdre du poids. Le sommeil est perturbé, par des insomnies ou, à l’inverse, des hypersomnies. Dans le même temps le malade ressent une fatigue ou une perte d’énergie. Il peut montrer par ailleurs une hyperactivité ou au contraire un ralentissement de ses activités habituelles. Sa vie sexuelle est souvent affectée par une baisse de la libido.

Les dépressions les plus graves sont caractérisées par des pensées suicidaires. Le suicide n’est pas forcément lié à la dépression mais il en est la complication majeure. La maladie peut entraîner une souffrance morale et un isolement tels que le patient passe à l’acte.Le suicide peut être aussi un moyen d’appeler à l’aide, d’attirer l’attention.

On évoque donc parfois des suicides délibérément ratés. Ces tentatives de suicides sont bien souvent suivies de récidives fatales.En France le nombre des suicides est important. Il est à l’origine de plus de 10000 décès (soit 2,1% de leur nombre total). Les troubles psychologiques, et parmi eux la dépression, en sont la cause majeure.

Les différents visages de la dépression

On distingue les différentes dépressions selon leur cause première. Si la dépression fait suite à un événement la dépression est dite réactionnelle. Cette forme de la maladie est la plus courante. Lorsque la cause est interne au malade, la dépression est dite endogène. Il s’agit là des formes les plus rares mais aussi les plus graves de la dépression.

Les dépressions réactionnelles

- Une situation de stress, un deuil, un divorce, et d’une manière générale tous les événements émotionnels traumatisants perturbent l’humeur et selon les personnes, peuvent entraîner une dépression

- Certaines femmes peuvent présenter, après l’accouchement, un syndrome dépressif. Cette dépression qualifié estqualifié de post-partum mais aussi appelé baby blues. Le plus souvent la jeune mère aura une réaction dépressive légère et passagère.

Plus rarement une psychose ou une dépression mélancolique peut se manifester. Cette dépression s’expliquerait par la chute hormonale consécutive à l’accouchement mais aussi comme une réaction à un événement fort sur le plan émotionnel .

La santé mentale de la mère n’est pas sans influence sur le nourrisson. Déprimée, la mère se montre moins disponible, elle prend moins soin de son bébé. Face à ce comportement et à l’absence d’affection, le nourrisson ou le jeune enfant adopte un comportement identique à celui de la mère : évitement du contact avec la mère, indifférence.

L’enfant montre aussi une difficulté à s’adapter à un nouvel environnement comme la crèche. La dépression tant de l’enfant en bas âge que celle de l’adolescent présente les même traits que la dépression de l’adulte, mais elle est beaucoup moins décelable.

Les dépressions endogènes

- Différentes pathologies psychiatriques sont accompagnées de dépression. Il s’agit surtout de la mélancolie qui est accompagné d’un état dépressif grave marqué par une douleur insupportable. Mais aussi des névroses et des psychoses.

Rappelons que la névrose est trouble mental qui n’atteint pas les fonctions essentielles de la personnalité dont le sujet à conscience. La psychose est une désorganisation de la personnalité, accompagnée de vision délirante. Le malade perd le du sens du réel.

- La psychose maniacodépressive : C’est la forme de dépression la plus grave. Affecté par cette pathologie, l’humeur du malade passe d’un extrême à l’autre. Les phases de dépressions alternent avec des phases maniaques. Celles-ci sont caractérisées par une absence d’inhibitions, une exaltation de l’humeur, un accroissement de l’activité. L’envers exact et non moins pathologique de la dépression.

- Notons enfin que certaines maladies (maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer débutante...) ou situations physiologiques (ménopause) particulières peuvent entraîner un authentique état dépressif.

Un cas à part la dépression saisonnière

La dépression saisonnière apparaît à l’automne et disparaît au début du printemps. Cette forme particulière de la maladie serait due aux changements de certains rythmes physiologiques (appelés circadiens). Ceux-ci sont régulés par la lumière et notamment la longueur des jours. Pour cette très particulière le traitement est non moins particulier : la photothérapie ou luminothérapie.

Une fois l’origine de la dépression confirmée, il consiste à fixer une lumière très intense par bref instant sur une période d’une demi-heure pendant 5 mois. Avantage du traitement, il peut s’auto-administrer à domicile.

Bien plus rare en France que dans les pays nordiques la dépression saisonnière peut aussi affecter les personnes vivant ou travaillant dans des endroits peu éclairés.

Une maladie très fréquente et peu traitée

Deux récentes enquêtes, l’une du Centre de Recherche, d’Etude et de Documentation en Economie de la Santé (CRÉDES), l’autre menée par l’Inserm et le bureau d’étude Eval sur un échantillon de la cohorte Gazel (lire notre encadré), ont montré une mauvaise prise en charge la dépression. En effet grâce à un questionnaire d’auto évaluation, le Mini International Neuropsychiatric Interview (MINI), les études ont permis de déceler des déprimés ne faisant l’objet d’aucune prise en charge médicale. Selon le CRÉDES qui estime que 15 % des français sont déprimés, près de la moitié des malades ne sont pas traités. D’après l’étude Gazel 47% des déprimés appartenant à un échantillon de 2000 individus, sont suivis par un médecin ou prennent des antidépresseurs. C’est l’aggravation de la dépression qui amènent les malades qui s’ignorent encore à être pris en charge. D’autre part la maladie peut être difficile à diagnostiquer lorsqu’elle débute ou ne présente qu’une gravité modérée. Ainsi seuls 16% des malades touchés pour la première fois, reçoivent un traitement adéquat. Les autres ne sont pas traités ou seuls les symptômes de la dépression (insomnie, crise d’angoisse) donnent lieu à un traitement à base d’anxiolytiques et de somnifères. Pourtant, autre résultat de l’étude, la guérison s’obtient d’autant plus rapidement que la prise en charge intervient précocement. L’étude montre également que la position sociale du malade n’intervient pas sur l’accès au traitement antidépresseur.

Mais selon les enquêteurs du CRÉDES, la prévalence de la dépression varient en fonction de la situation sociale : on observe plus de dépressifs chez les chômeurs, les ouvriers et les employés. En revanche, les situations familiales semblent jouer un rôle non négligeable : les personnes seules, divorcées ou séparées, présentent un risque de dépression plus élevé.

Les deux études confirment l’inégalité des sexes devant la dépression : les hommes sont moins sujets que les femmes à cette maladie. Elles remettent par ailleurs en cause les précédents travaux qui évoquaient une surconsommation de psychotropes en France. Au contraire, grâce aux résultats obtenus par le biais des questionnaires d’évaluation, qui indiquent un nombre élevé de dépressions non décelées donc non prises en charge, c’est bien plutôt une sous consommation d’antidépresseurs qui est constatée, même si les résultats tendent aussi à montrer que le traitement de la maladie, une fois décelée, est adéquat.

La dépression chez l’enfant et l’adolescent

Si la tranche d’âge la plus touchée par la maladie est celle des 40-65 ans, les moins de 16 ans n’échappent pas à la maladie. Plus le patient est jeune, plus la maladie est difficile à déceler. L’entourage confond souvent la dépression avec la crise d’adolescence et retarde la prise en charge. Cette dernière relève beaucoup de la psychothérapie car chez les plus jeunes l’usage des antidépresseurs est plus limité. Seuls certains antidépresseurs tricycliques sont autorisés. Les conséquences de la maladie ne varient pas avec l’âge. Rare avant 12 ans, le suicide est la 2ème cause de mortalité entre 15 et 25 ans (juste après les accidents de la route). Ce qui représente 1500 suicides - qui ne sont certes pas tous liés à une dépression avérée - et l’on dénombre 40000 tentatives.

Chez l’ enfant et l’adolescent la dépression pourrait être évitée car les symptômes peuvent éveiller les soupçons. Par son discours le jeune déprimé exprime le mal qui l’habite. C’est la répétition de phrases telles que : j’m’en fous , j’y arrive pas, c’est trop dur , personne ne m’aime . L’adolescent, à tendance à montrer un caractère irritable. Chez les plus jeunes la dépression est plutôt caractérisée par l’inertie et la faiblesse des contacts sociaux.Les troubles de l’alimentation et du sommeil, comme chez l’adulte peuvent être des symptômes de la dépression. La chute brutale des résultats scolaires ou bien la consommation d’alcool et de drogues doivent attirer l’attention de l’entourage.

Dépression vraie : causes

Il n’y a pas de cause unique et avérée de la dépression. Différents facteurs contribuent à la provoquer ou augmentent le risque de la voir apparaître.

La dépression, maladie mentale relève naturellement de facteurs, mal élucidés, d’ordre psychologique.Mais les facteurs physiques sont de plus en plus considérés. La découverte, par hasard, des médicaments antidépresseurs puis la compréhension de leur mécanisme, à permis d’établir le rôle des neurotransmetteurs dans la dépression.Les facteurs génétiques de la maladie sont de plus en plus évoqués. C’est particulièrement le cas de la dépression bipolaire ou maniacodépression. Des études montrent une augmentation du risque de cette forme de dépression dans les familles dont l’un des membres est atteint.

La consommation de drogues et d’alcool est un facteur éventuellement déclenchant de la dépression. En effet toxicomanie et dépression sont liées. Le recours aux drogues (alcool et héroïne notamment en cas de psychose et de névrose) n’est pas un comportement rare chez les déprimés. L’alcool permet au malade de se désinhiber et l’héroïne à des effets antidépresseurs. Mais il n’y a aucune certitude sur le sens du lien causal : est ce la dépression qui favorise la toxicomanie ou l’inverse ? Les études constatent seulement une forte prévalence des troubles de l’humeur chez les héroïnomanes.

Dépression vraie : examens

Le Mini International Neuropsychiatric Interview est un outil diagnostique de la dépression par entretien. Développé pour la recherche clinique ou à l’usage des médecins aux Etats-Unis, le questionnaire permet d’obtenir une évaluation de l’état dépressif.

Tel qu’il se présente ci-dessous, il ne constitue pas un moyen de diagnostic (il faut plusieurs séance à un psychiatre pour établir avec certitude le diagnostic de la dépression).

Mais ce test peut vous aider prendre conscience d’un état dépressif. Quel que soit le résultat du test, un avis médical doit s’imposer si vous vous posez des questions sur votre moral.

Le recours à une aide extérieure peut être utile même en cas de simple passage à vide.

  OUI NON

Au cours des deux dernières semaines vous êtes-vous senti(e) triste, cafardeux(se), déprimé(e), la plupart du temps au cours de la journée et ce presque tous les jours ?

Au cours des deux dernières semaines, vous êtes-vous senti(e) presque tout le temps fatigué(e), sans énergie ?

Au cours des deux dernières semaines, avez-vous presque tout le temps le sentiment de n'avoir plus goût à rien, d'avoir perdu l'interêt ou le plaisir pour les choses qui vous plaisaient habituellement

Votre appétit a-t-il notablement changé ou avez vous perdu ou pris du poids sans en avoir l'intention (coter oui si +/- 5% du poids)
Avez vous des problèmes de sommeil (endormissement, réveils nocturnes ou précoces, hypersomnie) presque toutes les nuits ?
Parlez-vous ou vous déplacez-vous plus lentement que d'habitude, ou au contraire vous sentez-vous plus agité(e) et avez vous du mal à rester en place ?
Manquez vous de confiance en vous-mêmes, ou vous sentez vous sans valeur, voir inférieur aux autres ?
Vous sentez-vous sans valeur ou coupable ?
Avez-vous du mal à vous concentrer ou à prendre des décisions ?
Avez-vous eu à plusieurs reprises des idées noires comme penser qu'il vaudrait que vous soyez mort(e) ou avez vous pensé à vous faire du mal ou au suicide

Dépression vraie : Traitements

La prise en charge de la maladie dépend essentiellement d’une prise de conscience et d’une démarche volontaire de la part du malade. Le traitement de la dépression emprunte courrament deux voies : l’approche médicamenteuse avec le recours aux antidépresseurs et les psychothérapies.Quelle que soit la forme de ces dernières, analyse, thérapie d’inspiration psychanalytique, comportementale ou de groupe, elles seules peuvent résoudre les troubles d’ordres psychologiques. Le choix d’un thérapeute est strictement personnel, mais il faut se souvenir que seuls les psychiatres et les médecins généralistes, peuvent prescrire des antidépresseurs contrairement aux psychologues et aux psychanalystes. La thérapie peut être suffisante, en l’absence de pensées suicidaires, à traiter la dépression. Dans les autres cas, ne pas avoir recours aux médicaments revient à se priver d’un secours précieux.

L’électroconvulsivothérapie, ou ECT

Anciennement appelé électrochoc, l’ECT est utilisée en France depuis les années 40 et à été grandement améliorée. Elle est utilisée pour le traitement des dépressions aiguës et des maniacodépressions, toujours en dernier recours quand les antidépresseurs ont échoué ou en cas d’intolérance médicamenteuse. Plus rapide que les médicaments dans ses effets antidépresseurs, l’ECT est aussi le moyen de prévenir le risque de suicide à court terme.

Efficace chez près de 80% des patients, le traitement par ECT nécessite entre 4 et 20 séances d’une dizaines de minutes chacunes. Réalisée sous anesthésie générale, pour diminuer l’angoisse du patient, l’ECT requiert l’emploi de curare. Cette substance permet de diminuer les convulsions provoquées par le passage du courant électrique. Le principal effet secondaire de l’ECT est une légère amnésie (le malade ne se souvient pas de la séance) accompagnée de nausées et de maux de tête rarement présents plus de 24 heures.

Les différents antidépresseurs

L’arrivé du Prozac® en France à la fin des années 80 et son rapide succès commercial, a fait de cet antidépresseur un véritable phénomène de société. Certains ont rêvé alors de pilules du bonheur...

La découverte de certains mécanismes physiologiques en jeu a permis de développer des thérapies médicamenteuses efficaces. Depuis les années 60, le rôle de divers neurotransmetteurs dans la dépression a été mis en évidence. Les neurotransmetteurs sont des substances biochimiques qui transmettent l’influx nerveux. Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer le phénomène, encore obscure, de la dépression. L’une d’entre elles explique l’apparition de la dépression par une diminution de la quantité de certains neurotransmetteurs telle la dopamine, la sérotonine ou encore la noradrénaline.

Synapse

Une autre plus récente, met en cause une dérégulation de l’action des neurotransmetteurs. Quoiqu’il en soit tous les antidépresseurs actuellement utilisés ont pour effet d’augmenter la quantité de ces substances libérées dans les connections entre les neurones, autrement dit les synapses, soit à empêcher leur dégradation (voir nos schémas).Paradoxalement l’un des premiers effets des antidépresseurs est d’augmenter le risque de suicide. En effet, avant d’améliorer l’humeur des dépressifs, ces médicaments lèvent les inhibitions comportementales. Au début du traitement, le malade reste déprimé, mais retrouve la force de mettre fin à ses jours.

Ils existent trois grandes catégories d’antidépresseurs :

Les antidépresseurs tricycliques

Ils doivent leurs noms à leur structure chimique. Ils sont jugés très efficace, en particulier dans les dépressions dites endogènes. Leurs effets secondaires sont nombreux mais ils restent le plus souvent bénins et rares : ils peuvent entraîner des réactions anxieuses ou délirantes, l’humeur du malade peut s’inverser et le conduire vers un état maniaque. Sur l’organisme, les effets secondaires possibles sont les suivants : sécheresse buccale, baisse de la tension artérielle et certains troubles du rythme cardiaque. Enfin, le surdosage de ces médicaments est particulièrement dangereux, notamment chez des malades au risque suicidaire élevé comme nous venons de le voir.

Les inhibiteurs de monoamine-oxydase ou IMAO

La monoamine-oxydase est une enzyme dont le rôle est de dégrader les substances (les amines) qui transmettent l’influx nerveux.

Les premiers IMAO ne sont plus utilisés du fait de leur toxicité. Ils entraînent de nombreux effets secondaires, en particulier quand la prise du médicament est associée à la consommation d’alcool. Les IMAO favorisent l’hypertension et interdisent la consommation de certains aliments. Aujourd’hui sont utilisé les IMAO dits sélectifs, qui ne provoquent pas de problèmes cardiaques ni d’interactions alimentaires ou médicamenteuses.

Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRSS)Apparus en 1988, ces antidépresseurs sont aussi qualifiés de sérotoninergiques car ils augmentent la concentration de sérotonine qui circule d’un neurone à l’autre. Leur mode d’actions permet à cette molécule d’être échangée plus librement sans être recaptée par le neurone émetteur. Les IRSS remplacent avantageusement les IMAO car ils s’appliquent à toutes les formes de dépressions tout en ayant peu d’effets secondaires et aucune toxicité cardiaque. Ce sont les médicaments les plus prescrits en médecine de ville. Le plus célèbre étant le Prozac® (fluoxétine).Parmi les effets indésirables on note des troubles digestifs (nausées, constipations, anorexie, vomissements) et des problèmes de sevrage. L’arrêt des prises se fait donc graduellement.

Les Autres antidépresseurs

Les antidépresseurs de dernières générations agissent sur plusieurs amines (dopamine et sérotonine) dans le même temps et par la même seraient plus efficaces.Moins connus, les sels de lithium permettent d’augmenter la quantité de sérotonine transmise. Ils sont surtout utilisés dans le traitement de la maniacodépression. Pour cette maladie, le recours aux antidépresseurs permet seulement de réduire les symptômes dépressifs. Le lithium, permet quant à lui, de manière encore obscure, de contrôler également l’état maniaque.

Les antidépresseurs les plus courants

IMAO - Humoryl® (toloxatone)- Moclamine ® (moclobemide)- Marsilid ® (iproniazide)

Tricycliques et apparentés

- Elavil ® (amitriptyline)- Topranil ® (imipramine)- Anafranil ® (clomipramine)- Pertofran ® (désipramine)- Prothiaden ® (dosulépine)- Ludiomil ® (maprotiline)- Kinuprinil ® (quinupramine)- Surmontil ® (trimipramine)

IRSS - Prozac ® (fluoxétine)- Zoloft ® (sertraline)- Deroxat ® (paroxétine)- Seropram ® (citalopram)- Floxyfral ® (fluoxamine)

Dépression vraie : évolution

De quoi s’agit-il ?

C’est l’acte de se donner la mort volontairement. Cela dit, le suicide, ou plus exactement le geste suicidaire, ne relève pas toujours, loin s’en faut, d’une volonté personnelle autodéterminée au sens philosophique du terme.

Socrate s’est suicidé en buvant la ciguë, sur ordre de la cité d’Athènes, qui s’est ainsi épargnée de recourir au bourreau. Sénèque s’est aussi suicidé sur ordre de Néron.

De tout temps, les épreuves et les drames ont débordé la résistance des personnes, menant à des suicides autant qu’à des abandons à la mort qui y ressemblent.

Aujourd’hui, le suicide est d’abord une pathologie psychiatrique décrite comme une crise psychique au cours de laquelle l’agressivité se retourne contre soi-même. Toutes les crises suicidaires n’aboutissent pas à une tentative de suicide, elle-même plus ou moins réussie. Mais chaque crise suicidaire est à très haut risque et porte en elle la tendance à la répétition.

Quelles en sont les causes ?

Le suicide est une des possibilités de sortie d’une crise suicidaire. La crise est une période de souffrance aiguë et de rupture, de sensation d’échec sans autre issue perçu que la mort.

Les causes de cette crise sont très variées et variables d’un individu à l’autre, elles dépendent de l’état psychiatrique, des maladies en cours et du contexte familial et social (guerre).

Le vieillissement du cerveau favorise la dépression et le suicide. Démence et dépression sont intriquées soigner l’un améliore l’autre et réciproquement.

Comment se transmet-elle ?

De nombreuses pathologies psychiatriques comportent un risque suicidaire élevé : dépression, troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et surtout psychoses (schizophrénie).

Ces maladies ou traits psychiques sont génétiquement sous-tendus, entraînant une vulnérabilité familiale au suicide. L’environnement est plus ou moins solidaire, compensant plus ou moins les capacités d’affronter la situation douloureuse intérieure et extérieure. Un petit événement peut faire basculer une situation explosive.

Comment se manifeste-t-elle ?

Contrairement à l’opinion répandue, la grande majorité des personnes qui tente de se suicider (personne en crise) parle de ses idées noires, souvent à un médecin ou des proches, dans les jours qui précédent l’acte suicidaire.

Il convient de relever ces aveux et de leur donner une suite médicale en urgence. L’hospitalisation sur demande d’un tiers (ex-hospitalisation d’office) est parfaitement légitime dans ce cas.

Contrairement aussi à l’opinion répandue, le suicide n’est pas précipité parce qu’on en parle avec la personne suicidaire. Il faut intervenir rapidement dans les 24 heures dans la confiance et la fermeté, en provoquant une consultation médicale ou une hospitalisation en service spécialisé.

Comment la reconnaître ?

La dépression est le premier signe : tristesse, irritabilité ou abattement, insomnies, abandon des activités habituellement très investies, alcoolisation et/ou toxicomanie aggravée ou brutale, dénigrement de soi, pleurs ou indifférence...

Le changement péjoratif de la conduite alerte : il ou elle n’est pas comme d’habitude. Une accalmie dans une période de souffrance et de négligence cynique traduit souvent l’imminence d’un passage à l’acte et non une amélioration de la situation. Pour le suicidaire, c’est effectivement une "amélioration" puisqu’il a pris une décision, il va mieux.

Attention ce qui précède est vrai des adultes, mais pas des enfants : ils ne parlent pas : leur développement et leur scolarité s’effondrent. Les conduites à risque, les imprudences se multiplient, le suicide se masque par l’accident.

Quels examens peuvent être nécessaires ?

Un examen et des questionnaires de dépistage d’une crise suicidaire sont du ressort du médecin, en particulier du spécialiste neuropsychiatre.

Le diagnostic n’oublie jamais les maladies et événements sous-jacents qui favorisent ou provoquent la crise.

Quels sont les traitements ?

Les médicaments sont très efficaces. Les antidépresseurs en premier. Ensuite les traitements spécifiques des maladies, en particulier psychiatriques sous-jacentes.

Le soutien psychothérapeutique est bénéfique en association aux médicaments.L’amélioration de l’environnement est un élément important : changement de poste d’un travailleur harcelé, divorce officiel, procédure juridique en cas de crimes (inceste, viol, agression), déménagement nécessaire...

Quelle peut être l’évolution ?

Le suicide est souvent réussi par les hommes, moins souvent par les femmes. C’est dû aux méthodes employées : une défenestration d’un étage élevé, ou une pendaison laissent peu de chances de survie.

Il n’y a pas de petit suicide. Les intoxications médicamenteuses volontaires sont des suicides, heureusement plus souvent récupérables.

Attention, les tentatives de suicides sont aussi des risques mortels pour autrui (défenestration). Nombre de conduites automobiles sous l’empire de l’alcool ou autres toxiques sont des équivalents suicidaires très dangereux pour autrui.

Que doit faire le patient ?

Témoigner de sa souffrance à un proche de confiance, consulter son médecin qui adressera à un spécialiste pour une prise en charge rapide et au long cours : une crise suicidaire n’est jamais isolée, elle tend à se reproduire.

 

Septembre 2006

Dépression vraie : sources

- Psychomédia, Quels sont les symptômes de dépression?, le 2 octobre 2005.

- Conférence de consensus 'La crise suicidaire: reconnaître et prendre en charge', 19 et 20 octobre 2000.

- Prévalence et prise en charge médicale de la dépression, France 1996-1997, A. Le Pape, Th Lecomte, CREDES, 09/1999.
 


Toutes les fiches maladies


Je souscris à la newsletter Médisite à la Une

Voir un exemple
Publicité

Les derniers commentaires

Poster un commentaire :

Les champs suivis d'un * sont obligatoires

Pour publier sur le forum, il vous faut indiquer votre login et password de connection ou créer un compte.

Pas encore inscrit(e)?

Non publié sur le site

Déjà inscrit(e)?



Jouez et gagnez un an d'hydratation avec Salvetat

Avec Planet Régime